Historique


Le premier concert de Status Quo, en Ecosse, se tient, le 23/02/1968 à l'université de Glasgow et le dernier, le 30/05/2024. au Kelvingrove Bandstand de Glasgow. Entre ces eux dates, 144 dates à succès mais, tantôt dans de bonnes ambiances, tantôt dans une atmosphère électrique comme, le 30/11/1969 où le groupe joue au JM Ballroom de Dundee. Une bagarre éclata, juste avant que le groupe ne monte sur scène. 'Je n'avais rien vu de tel. 1.500 personnes et tout le monde se battait avec tout le monde, même des hommes avec des femmes. C'était comme dans le Far West. Par chance, quelqu'un est venu nous dire de prendre notre matériel et de partir. Nous sommes revenus plus tard dans la soirée et il y avait encore une vingtaine de femmes, à genoux, pissant le sang, maculant le flambant parquet neuf' se souvient Rossi. Dundee est, décidemment, peu favorable à Status Quo. En effet, le 23 octobre 1970, toujours au JM Ballroom, alors que le groupe assurant la première partie, Fat'r Four effectue sa représentation sur la petite scène de la salle, Rossi, Parfitt, Lancaster et Coghlan envahissent la grande scène pour y faire leur balance, perturbant, du coup, le set de Fat'r'Four. Ces derniers leur demande alors de cesser leurs réglages pendant qu'ils jouent. Devant cette requête, Rick rétorque que c'est Status Quo que la foule est venue voir et non ce petit groupe de première partie. Ce qu'ignorait Parfitt c'est que la salle était remplie de fans de Fat'r'Four !!! Un bon nombre ayant entendu cette réflexion, Status Quo se fit huer pendant tout le concert ! Ceci n'altère en rien la popularité grandissante du groupe, en Ecosse. Ainsi, en 1972, Status Quo joue au Greens Playhouse de Glasgow, en première partie de Slade. Pas encore nommée 'l'Apollo', cette salle va devenir l'un des lieux fétiches de la formation. Ainsi, le 21/03/1973, ils y donnent leur premier concert en tête d'affiche, devant 3.500 personnes. Pour l'anecdote, Lancaster, ayant remaqué une fille parmi le public, souhaitait qu'elle le rejoigne dans les loges, une fois la représentation terminée. Le service d'ordre refusant, une altercation eut lieu entre eux et Alan. Le lendemain, lors du concert au Caley Cinéma d'Edinbourg, John Coghlan lance ses baguettes en l'air et quitte la scène. Finalement, la représentation reprendra après 15 minutes d'interruption. Mais que dire de la représentation du 23/09/1973 au Music Hall d'Aberdeen où le débordement de certains fans provoqueront plus de 200 £ de dégâts. En effet, plus de 20 sièges seront arrachés et éclatés, du vomi sera présent partout dans la salle, des tas de cannettes et de bouteilles vides jonchaient la scène et les couloirs, enfin les toilettes des fans étaient remplis de détritus. 'En trente ans, on avait jamais vu ça !' affirmeront les organisateurs. Ted Burnett, le gardien de la salle, condamnera ce comportement comme 'sanglant et horrible. C'est vraiment horrible de penser que des jeunes puissent agir ainsi. Il y avait un nombre important de personnes autour et sur la scène sans, il me semble, qu'il y ait un, contrôle adéquat des organisateurs. C'est à ce moment-là que la plupart des dégâts sur les sièges ont eu lieu, mais certains de ceux à l'étage ont aussi été arrachés'. Enfin, pour arranger les choses, Francis, Rick, Alan et John quittèrent les loges, avec du gâteau collé sur les murs et le sol, les tapis tordus et tachés, les chaises renversées et les mégots de cigarettes partout, sauf dans les cendriers. Le personnel mettra plus d'une journée avant de remettre la salle en état. Ceci n'empêchera pas les quatre Londoniens de recevoir, trois jours plus tard, à Glasgow, un trophée commémorant le fait que la tournée ait lieu à guichets fermés sur chaque site. C'est seulement le troisième groupe à recevoir cette récompense.


Dorénavant, lors de ses dates écossaises, Status Quo va élire domicile à l'Apollo de Glasgow. Le groupe va s'y produire 6 fois, entre 1974 et 1975, à chaque fois à guichets fermés et dans des ambiances phénoménales. Ces concerts seront décisifs dans le choix de la salle réservée pour le futur album live que le groupe veut enregistrer. Ce sera ici, les 27, 28 et 29/10/1976. Rossi témoigne de ce sentiment. 'Nous pensions faire un album en public depuis un bon moment. De plus, nous avions été conforté dans notre idée par le succès du EP live, 'Roll over lay down', Mais une question se posait. Où le faire ? Glasgow avait toujours été une des meilleurs salles où nous ayons joué en raison de l'atmosphère et de la réaction des fans. C'est donc devenu un choix naturel'. Un troisième concert, celui du mercredi 27, est ajouté afin de faire face à une demande exceptionnelle. Les 11.000 tickets des trois concerts se vendent en moins de deux heures. Les trois concerts que Status Quo donnent sont extraordinaires, retraçant bien les ambiances qui y règnent. C'est la première participation d'Andy Bown à un concert de Quo, provoquant un petit désaccord entre les fans du groupe, certains jugeant l'apport d'un clavier totalement inadapté au style de musique que joue le groupe. Pendant ces trois soirées, les deux étages des balcons du théatre Apollo sont mis à contribution, certains affirmant les avoir vu bouger sous les coups de boutoirs des fans en transe. Certains roadies, responsables du son, se situant à proximité des balcons, affirmeront les avoir vu bouger d'environ 20 centimètres. 'Vu de la scène, c'était effrayant' souligne Rossi. 'Je me souviens être placé juste en dessous du bord du balcon. Pendant 'Roll over lay down', je n'étais pas le seul à headlbanger comme un fou mais avec un œil circonspect constamment dirigé vers ce balcon qui semblait rebondir continuellement de haut en bas. Et croyez-moi, ça le faisait réellement. Effrayant mais faisant partie de la légende' commente un fan. Avant 'In my chair', le morceau le plus cool de la set-list, arrivant à point pour reprendre ses esprits, Rossi lance à la foule : 'Save yourselves, save yourselves, you'll be knackered soon' qu'on peut aisément traduire par 'Economisez vous car vous pourriez être bientôt crevés'. C'est le concert idéal presque parfait ! Il n'y manque que 'Down down' et 'Mystery song' pour atteindre le sublime. Robert Ellis y mitraille le groupe pour des photos devenues mythiques. L'introduction de Jackie Lynton donne le ton, lourd, dynamique. Status Quo n'a jamais été aussi bon, aussi bien préparé. Jamais Rossi n'avait distillé des solis si précis, jamais Rick n'avait massacré sa télécaster de la sorte, on se demande encore comment les cordes ont pu résister à un tel passage à tabac. Lancaster, de son côté semble avoir rajouté une cinquième grosse corde à sa basse tellement, elle est puissante et profonde. Les peaux des futs de Coghlan semblent avoir été tendues au maximum. John tape, cogne au risque de se froisser un muscle ! Il suffit d'écouter soigneusement le magnifique '4500 times'. Entre deux couplets, il est possible d'entendre Parfitt, emporté par sa fougue, galvaniser ses potes comme pour les inciter à jouer encore plus fort ! A l'instar des quatre autres musiciens, Rick Parfitt se livre sans aucune retenue mais c'est peut-être celui qui dépasse le plus ses limites et il se voit contraint, de temps en temps, de reprendre son souffle sur le côté de la scène entre deux morceaux. Il arrive à Rossi et Lancaster aussi de suffoquer tellement la chaleur est étouffante ! Coghlan, lui, demande aux roadies serviette sur serviette ! Un représentant de Capitol, la maison de disques distributrice des albums du groupe aux Etats-Unis est ébahi de voir la réaction que Status Quo provoque à ses fans, en Ecosse. Et que dire des ventes de l'album à travers l'Europe ! Classé dans 10 pays, il s'écoulera à plus de 1,5 millions dont 500.000, en Allemagne. Pari réussi.
En 1979, Status Quo déserte l'Apollo de Glasgow au profit de l'Odéon d'Edinbourgh. Mais retour aux sources pour la tournée 'Never too late', celle du vingtième anniversaire et enfin, le 'End of the road' tour. Six dernières dates avant la destruction de la mythique salle, en septembre 1987. Au cours des années suivantes et jusqu'à la fin du groupe, Aberdeen et Glasgow seront, copieusement, visitées. 'Nous adorons jouer à Aberdeen. Les fans sont, toujours, motivés, pour nos concerts. C'est pour ça qu'on revient sans cesse, parce qu'on est assuré de passer un moment fantastique. Nous y jouons, pratiquement, tous les ans et c'est toujours une excellente soirée. Et puis, j'adore cet accent écossais qu'ils ont à Aberdeen' déclare Rossi. Rick Parfitt enfonce le clou, en 2009, en déclarant : 'C'est une date que nous faisons toujours. Nous avons hâte d'être à Aberdeen. Je ne dis pas ça pour flatter mais le public d'Aberdeen est toujours incroyable. C'est une sensation formidable que de monter sur scène, là-bas. Aberdeen est notre concert le plus éloigné du Royaume-Uni. C'est un long chemin à parcourir. Il y fait, toujours, froid mais il y a quelque chose de spécial. L'ambiance est excellente, tout le monde est prêt pour Noël et il y règne une ambiance de fête'. L'année suivante, le concert prévu à Aberdeen demeure incertain à cause de conditions climatiques épouvantables mais le groupe tient à y jouer et tout sera déployé afin que la représentation puisse avoir lieu. Deux ans plus tard, Status Quo donne un concert aux îles Shetland. Malgré le prix très élevé des billets (75£), le concert affiche complet. La reformation du Frantic Four, au printemps 2013, ne laisse pas les Ecossais indifférents et 2 concerts sont programmés, les 9 et 10 mars, au 02 Academy de Glasgow. L'année suivante, c'est au même endroit que les quatre de Londres se produisent pour deux concerts mémorables. Les années qui suivent voient un groupe toujours chaleureusement accueilli en Ecosse et même le décès de Rick Parfitt n'altère en rien les fréquentations (10.000 spectateurs à Glasgow, en 2016). Le groupe clôture sa carrière écossaise et donne le dernier de ses 146 concerts, le 11/08/2024, au festival de Elgin.